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P.Hernu & Deleuze-G ; Œdipe Synthèse

Par Toll Antheaum, le 12 mai 2019.

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   Je dis l’« Œdipe Synthétique » parce qu’après thèse, anti-thèse et synthèse, un Œdipe puis un Anti-Œdipe doivent être suivis d’un Œdipe Synthèse. Le premier ‘Œdipe’ fut celui de Freud et de Lacan, le second fut décrit par Gilles Deleuze et Félix Guattari (à leur époque en harmonique d’ailleurs avec l’Anti-Psychiatrie de R.D.Laing et D.Cooper). Il restait à formuler leur synthèse ; c’est ce que je vais m’appliquer à faire ici, tout en intégrant Patrice Hernu pour l’aperçu qu’il a donné d’un Œdipe progressiste, malgré que, et bien que scientifique, il ne se soit jamais spécialisé dans le préalable labour psychanalytique.

   PH [Patrice Hernu] a dernièrement qualifié le premier Œdipe, des termes de "culturel" et/ou "civilisationnel". Au-delà il a évoqué un Œdipe Spirituel, mais il n’a pas défini ou décrit ce second. DG [Deleuze-Guattari] avaient respectivement qualifié en 1972, le même premier : "analytique" et/ou "familial" ; et le second "réel". Seul j’appellerai donc pour l’instant le troisième : Œdipe Synthèse ou Psychohistorique.
   Enfin, j'ai présumé que l’Œdipe culturel ou civilisationnel de PH correspond au premier Œdipe, analytique, familial (de Freud et Lacan). Il est plus incertain de savoir si son Œdipe spirituel correspond au second ou au troisième niveau, faute qu’il l’ait bien défini. Pour ne pas s’embrouiller dans toutes ces dénominations, je les appellerai ici successivement et/ou synthétiquement :

Œdipe.A voire ŒA voire même A = freudien, lacanien, analytique, familial, culturel, civilisationnel

Œdipe.B voire ŒB voire même B = Anti-Œdipe, réel ; "spirituel" ?

Œdipe.C voire ŒC voire même C = synthèse, psychohistorique ; "spirituel" ?

 

   Quel est l’enjeu d’un tel pinaillage ? On peut le comparer avec trois zones à superposer ; chacune a son centre de gravité ou son axe, ŒA, ŒB, ŒC, et l’ensemble forme le destin de l’humanité. Si les trois axes sont alignés, ça tournera rond. Il plus ils seront incohérents, mal ou différemment définis, plus l’humanité évoluera vers la dislocation.
   Cela devrait encourager à prêter attention. Il est possible d’ajouter des renseignements pour la faciliter. Des renseignements simples et parlants, qui sont ceux des événements qui ont provoqué chaque étapes de ŒA à ŒB à ŒC. Pour commencer, suite à la mystérieuse ou géniale découverte de ŒA par Freud en 1900, le passage de A à B s’est produit dans l’épreuve des événements de mai 1968. Un tel passage de ŒA à ŒB prouve même que ces événements ont été à proprement parler une révolution. Beaucoup de raisons sont invoquées pour en déterminer la cause ; dans notre optique présente, on peut figurer le compte-rendu ŒB par un vomissement, bien annoncé par son précédent ŒA qui avait lui-même détecté un Malaise dans la Civilisation (terme de Freud). En effet, rien de substantieln'étaya ŒB sinon un écœurement, certes bien raisonné mais, ni plus ni moins qu’un raz-le-bol des abus et gavages de ŒA. Comme je l’ai déjà dit, le grand mouvement d’Anti-Psychiatrie qui s’était élevé en Angleterre suite aux abus d’exercice de la psychiatrie contre la dissidence, avait conforté cette beaucoup plus large révolution ŒB, passant de la politique à l’humanité. Je précise aussi que cette description est résumée, presque caricaturée (elle doit être simple et explicative) ; il y avait aussi apparitions de drogues, des hormones (contraceptives) de la sexualité, de l’informatique et premiers ordinateurs etc.. mais dans le domaine du concept, Œdipe & son corollaire l'Inconscient font bien figure unique dans le siècle.

   Puisque c’est un résumé, un condensé, redisons donc que le passage de ŒA à ŒB fut un phénomène de débordement et de renversement. Cela permet de bien le distinguer de l’établissement de ŒC. ŒC est provoqué par élément très précis (au contraire d’une accumulation). Cet élément précis est un facteur qu’on va appeler ‘x’ pour commencer. Que ‘x’ s’ajoute à ŒA ou à ŒB, dans les deux cas, il aboutit à ŒC. Cette disposition procure une force exceptionnelle. Si A et B sont incertains ou débattus, qu’un seul facteur les transforme tous deux en un même C, cela veut dire que le chemin par B était valide et veut dire aussi que la validité de A était bien confortée par sa critique B. D’autre part si C s’établit d’abord sur A sans connaître B, c’est dans ce cas B qui le valide. Malgré son apparence, ce système par trois n'est pas une logique circulaire et fallacieuse.

   Pour que ce soit clair voici deux exemple : à partir de Freud (L) j’ai établi (N) que Moïse devait être Akhnaton, j’ai trouvé par-après que l’égyptologie (M) en avait procuré les éléments factuels – il résultait de la chronologie L,M,N (ici comparable à A,B,C) que je n’avais pas été influencé par ledit factuel, et que mon objectivation freudienne était indépendante et conclusive (elle assurait du même coup que B n’était pas de la propagande et que A était consistant).
   La même composition s’est produite avec l’Œdipe : j’ai établi l’ŒC psychohistorique (C) à partir de Freud-Lacan (A). Par une compulsion bienvenue, je me suis retenu de ne jamais lire l’Anti-Œdipe de Deleuze-Guattari jusqu’à la fin de mes recherches et travaux. Lorsque 2019 j’ai rompu mon ascèse et que j’ai consulté cette information de 1972, d’une part j’assurais que leur ŒB n’était pas une élucubration, parce que d’autre part mon ŒC s’en trouvait garantie d’avoir avec justesse abouti la synthèse de la découverte ŒA.

   A présent que ce petit travail de réflexion logique est accompli, on peut développer ce qui était condensé en terme de facteur ‘x’ et que Patrice Hernu partage avec moi. Il s’agit des conséquences à tirer d’une découverte archéologique survenue durant la vie de Freud et qui prit une énorme place dans la théorie dite Psychanalyse : l’existence de la cité Akhtaton, de son monarque Akhnaton et de l’Atonisme, ensemble publiquement révélés par la science dans les années autour de 1900. Il s’agit de l’origine des religions monothéistes, également d’Athènes, et de la science Hermétique. Puisque ses successeurs (Ramsides) avaient effacé et interdit sa mémoire, sa civilisation s’en souvient en l’appelant par d’autres noms, notamment Moïse et Œdipe. Par conséquent le complexe d’Œdipe est strictement équivalent à l’initiation de la civilisation et à sa scène primitive. Il s’agit, pourrait-on dire sans aucune extravagance, de l’Atonisme.

   Alors je peux à présent résumer et bien composer la situation : Freud découvre le complexe d’Œdipe sans découvrir le facteur ‘x’ ; c’est ŒA selon lequel Akhnaton, Moïse et Oedipe sont des personnes séparées, distinctes, voire même seulement des mythes. Ensuite Deleuze-Guattari font la critique pertinente de cet ŒA – mais toujours en ignorant ‘x’ ; par intuition ils spéculent aveuglément sur un ŒC dont il manquent de l’essentiel mais le décrivent vide et parfaitement, c’est l’ ŒB. Enfin, en prenant connaissance de ‘x’ j’ai pu corriger et transformer le ŒA en ŒC, mais encore chancelant, sans savoir si ŒA avait seulement le moindre potentiel pratique. Puis alors, une fois cette transformation posée, en prenant connaissance de ŒB – comme on ouvre un enveloppe pour savoir si effectivement la mise était bonne – je trouvais que l’application de C sur A déduisait un résultat qui retrouvait bien le B spéculatif.

   Je pense qu’un lecture attentive et soigneuse, conclura à ce stade qu’il y a un certain bon sens, une logique raisonnable et probabilistiquement assez certifiante, dans cet échafaudage chronologique de la levée prudente et méthodologique d’un refoulement. Nous pourrions à présent intégrer le cheminement de Patrice Hernu, lui-aussi amorcé par une analyse critique de ŒA et partant du facteur 'x'. Pourtant je ne suis pas certain que ledit ‘échafaudage’ soit concluant pour tout le monde, notamment tous les logiciens. Il manque probablement un autre facteur certifiant, qui soit celui de la dérivation entre A et B et qui fournisse le résultat objectif que le A,B,C ne doit manquer de produire. Qu'est-ce que ce la signifie ? 

   Prenons l’exemple d’une thèse, anti-thèse et synthèse accomplies qui certifieraient que les lois de l’équilibre du corps humain aboutissent à la capacité de marcher, encore faudrait-il que des êtres humains marchent ! Ce serait la moindre des choses, dirait-on avec forte raison. « Il faut que la science ait sa manifestation objective ! ». Pourtant il ne s'agit pas encore de cela, car ce bon sens éclatant, à la grande surprise de la grâce Évidence, en réalité ne suffit pas. Pour définitivement conclure que telles ou telles lois d’équilibre ‘marchent’, cas de le dire, il faut que l’on puisse les mettre en évidence exclusive, elle les mettant à l’œuvre dans une machine, 'in vitro'. Prosaïquement, il faut qu’un robot androïde régi par ces lois, fasse la démonstration de marcher sur des jambes ; seulement alors pourrons-nous adopter la croyance en ce que lesdites lois soient rigoureusement responsables de la marche. L’illustration est un peu longue, je m’en excuse, mais il l’aura fallu pour que nous nous obligions à examiner un facteur supplémentaire à notre explication quasi complète de la dialectique oedipienne.
   Ce facteur qu’on pourra appeler facteur ‘z’ pour le distinguer de notre précédent facteur ‘x’, tel est ce qui occupera le propos du prochain écrit à suivre, et au cours duquel il sera possible d’examiner la contribution de scientifique Patrice Hernu qui s’est aventuré, sans discrimination préalable entre ŒA et ŒB, déclarer l’existence d’un Œdipe spirituel.